Développement des compétences

Trouver ses moteurs de motivation / sa voie

Savez-vous réellement ce qui vous motive ? Ce qui vous porte ?
Pourquoi vous faites certaines actions au quotidien ?

On entend souvent que pour réussir, il faut se motiver.Que la clé de tout est la motivation.

Mais qu’en est-il ? Que veut dire réellement “motivation” ?

Et si au lieu de motivation, on parlait plutôt… de sens !
De faire les choses parce qu’elles ont du sens pour nous. Evidemment, sens et motivation sont liés. Ce sont souvent les projets qui ont du sens qui nous motivent le plus. Alors comment identifier ce qui a du sens pour nous ? Et comment garder sa motivation sur le long terme ?

Nous avons demandé à Clémence Martin, coach en Qualité de Vie au Travail et fondatrice de The positive place, de nous éclairer sur ce sujet.

Qu’est-ce que « le sens » ou « la motivation » exactement ?

La motivation, au sens étymologique, veut dire “ce qui met en mouvement”. C’est ce qui nous pousse à bouger, à mettre en place certaines actions.

Cette motivation peut être interne ou venir de l’extérieur. Mais si elle est uniquement externe, si on se met en mouvement uniquement quand quelque chose nous pousse, cela ne pourra pas durer. Une motivation externe est parfois utile, mais bien souvent éphémère.

Alors qu’une motivation profonde et durable, vient de l’interne. Elle vient de nous, quelque soit les circonstances extérieures.

Quant au sens, étymologiquement, il signifie à la fois la direction à prendre et le fait de percevoir, par nos cinq sens. Nous sommes des êtres de sensation, de perception.

Il est donc important d’être sensible à ce qui se passe en nous, d’écouter nos ressentis. Ils sont nos meilleurs guides pour définir nos affinités profondes, ce qui nous attire et nous met en mouvement.

Comment identifier ce qui a du sens pour nous ?

Pour trouver ce qui a vraiment du sens pour nous, il faut parfois remonter à l’enfance. En effet, chaque enfant est spontanément attiré par certaines activités. Et cela veut dire beaucoup, cela indique des choses importantes sur une personne.

D’autant que les enfants n’ont pas de filtres comme nous pouvons en avoir une fois adulte.
Ils ne se demandent pas si une activité va leur rapporter de l’argent, s’ils ont suffisamment de temps pour la pratiquer, ou ce qu’on risque de dire d’eux s’ils font telle ou telle chose. Ils se dirigent spontanément vers des actions et activités simplement parce qu’ils en ressentent l’envie et que cela leur procure du plaisir.Il peut alors être utile de se souvenir de ce qui nous passionnait lorsque nous étions enfant.
A quoi pouvions-nous passer des heures chaque jour ? A quoi rêvions-nous ?

On peut également essayer de se remettre dans cet état d’esprit de l’enfance : si l’argent, le temps et les jugements n’étaient pas des blocages, qu’est-ce que j’aurais envie de faire ?

L’importance d’aligner nos valeurs et nos forces.

En premier lieu, pour trouver ses moteurs de motivation, il est important de se recentrer sur soi. Et d’essayer de comprendre nos valeurs et nos forces.

En effet, la motivation profonde ne sera présente que si on est aligné.e.s avec ses valeurs profondes et l’épanouissement de son plein potentiel, c’est à dire avec nos forces.

Nos forces ne se limitent pas à nos compétences, mais elles englobent également ce qui nous dynamise et nous remplit, ce qui nous épanouit. La recherche scientifique a montré que simplement en suivant nos forces, nous pouvons améliorer notre efficacité et nos perspectives de vie, générer de l’optimisme, de la confiance et même augmenter notre sentiment de vitalité.

J’aime me baser sur cette grille créée par Martin Seligman,le fondateur de la psychologie positive. Elle comprend 6 valeurs humaines et 24 forces.

 

 

Elle est très utile pour déterminer ses forces. On peut commencer par se demander, parmi les 24 forces proposées, lesquelles nous correspondent.

On peut également demander à nos proches de nous y aider, car on a souvent une vision erronée, parfois trop modeste, de soi-même. Nos proches peuvent nous permettre de mettre en lumière certaines forces auxquelles nous n’aurions pas pensé ou que nous n’osons pas nous reconnaître.

Pour chacune de ses forces, on peut ensuite se demander dans quelle situation on les a exploitées et noter des exemples concrets.

Puis on remonte vers les vertus (les valeurs) et on voit que des valeurs dominantes ressortent.
Les garder en tête aide ensuite à faire les bons choix, à vérifier s’ils sont alignés.

Il est utile également de s’interroger sur son passé et son présent. Est-ce que mes choix de vie me permettent de déployer mon potentiel ? Est-ce que je pratique des activités pour lesquelles je me sens capable et j’éprouve du plaisir ?
En se basant sur nos forces, nos valeurs et notre ressenti, on peut voir plus clairement les barrières que l’on s’est posées et vers quoi nous pouvons aller.

L’important étant de rester aligner avec ses forces et ses valeurs, et de ne pas se mentir à soi-même. Car lorsqu’on n’est pas aligné.e.s, on devient moins bon.ne dans ce que l’on fait et on perd confiance en soi.

L’être humain est fait pour coopérer, pour s’entre-aider.

Une fois que l’on a identifié tout cela, l’étape d’après est de se demander comment on peut contribuer à la société, selon nos forces et nos valeurs.

En effet, l’être humain est un être social, il est fait pour coopérer, pour s’entre-aider.

Savoir coopérer est une force, c’est dans notre ADN depuis l’apparition d’Homo Sapiens. L’évolution a favorisé les individus qui coopéraient.

De plus, le fait de contribuer au bien commun permet l’épanouissement personnel.
On dit souvent que notre société est individualiste, mais là où les gens se sentent le plus heureux, c’est lorsqu’ils se sentent utiles et participent au bien commun. Cela s’applique tant au niveau professionnel que familial et social.

Contribuer au bien commun peut être tout simplement faire son métier bien, avec coeur et avec plaisir.
Et pour cela, il faut un métier qui soit aligné avec nos forces et nos valeurs.

Que l’on soit boulanger, trader ou comptable, on peut s’épanouir dans son métier et sentir que l’on contribue d’une façon ou d’une autre au bien commun.

Comment garder sa motivation sur le long terme ?

Pour conserver du sens dans ses activités et une motivation qui dure, il est important de se poser régulièrement la question : est-ce que je suis vraiment dans l’utilisation de mes forces ?

Est-ce que je continue à utiliser mes forces pour déployer mon plein potentiel?

Ou est-ce que je me détourne de ce qui est important pour moi ?
Et bien sûr, se demander pour chaque activité, est-ce que je contribue au bien commun ? Comment est-ce que je peux contribuer mieux ?

Tout particulièrement si on ressent une baisse d’énergie et qu’elle se prolonge, il est fort possible que l’on soit retombé.e dans ses vieux schémas et qu’on se soit mis.e de côté, qu’on ait perdu de vue les fondamentaux.
Cela vaut donc le coup de se poser et de revenir à ces questions du début.

Enfin il est important d’être patient.e avec soi-même, se féliciter et célébrer les moments de succès.
Inutile parfois de révolutionner sa vie, le travail de réalignement avec ses forces et ses valeurs peut se faire petits pas par petits pas, chaque jour.